Analyse UFAPEC décembre 2018 par A. Pierard

34.18/ Séparation parentale : quels impacts selon l'âge de l'enfant ?

Introduction

Le divorce (et la séparation conjugale) est une réalité familiale et sociétale vu le nombre de couples touchés : 23.059 divorces ont été prononcés en Belgique en 2017.[1] Cela a un impact sur la vision du couple et de l’amour aujourd’hui, la présence et la reconnaissance de différents modèles familiaux notamment à travers le vécu des enfants des couples concernés et leur vie future (scolaire, relationnelle, amoureuse, professionnelle, etc.).

Plusieurs études[2] se sont penchées sur la question d’un lien (ou non) entre l’âge de l’enfant et son vécu de la rupture parentale. Le divorce ou la séparation a des impacts à court, moyen et long terme sur l’enfant[3]. Ces impacts ont une répercussion sur l’ensemble du corps social, ils se sont donc pas à négliger dans les politiques sociales.

L’âge de l’enfant au moment de la séparation a-t-il une influence sur son appropriation de l’évènement ? Comment l’enfant vit-il, comprend-t-il et réagit-il à la rupture du couple parental selon son âge ? Quel impact la séparation parentale a-t-elle sur le devenir de ces enfants qui seront les adultes de demain ?

La compréhension de la situation par l’enfant

Cet élément est évidemment lié à l’âge même si d’autres facteurs comme la clarté de la situation et le dialogue possible avec les parents permettent à l’enfant de mieux comprendre la rupture et ses enjeux. Un enfant de deux ans ne comprendra pas le divorce comme un adolescent qui peut saisir la complexité de la relation parentale et d’une décision (d’un commun accord ou non) de séparation.

Selon les chercheurs, au plus l’enfant est âgé, au mieux il pourra comprendre la situation :

  • L’enfant de moins de deux ans ne comprend pas ce qu’est un divorce et n’en saisit donc pas les conséquences. Malgré cela, il sait que quelque chose ne va pas, ou du moins que quelque chose a changé, qu’il y a désormais des variations dans l’état émotionnel de ses parents. Il se rend également compte de leur absence. Cette absence, très souvent, se traduit par un sentiment d’abandon ; en fonction de l’environnement, si on ne transmet pas suffisamment de sécurité à l’enfant, les conséquences psychologiques peuvent être importantes.[4]
  • L’enfant âgé de deux à cinq ans commence un peu plus à comprendre même si cela reste complexe pour lui. Il posera des questions pour tenter de diminuer sa confusion et se rassurer.
  • L’enfant âgé de six à douze ans comprend non seulement le divorce, mais aussi le but de la séparation et les raisons qui peuvent être invoquées par les parents. Il reconnait le point de vue de chacun. Un enfant qui aurait entre 6 et 12 ans est beaucoup plus empathique et peut même réussir à se mettre à la place de ses parents, même s’il n’est pas rare de le voir nourrir l’espoir qu’ils se remettent ensemble.[5]
  • L’enfant de plus de douze ans saisit la complexité des relations. Le divorce est compris comme une incompatibilité du couple qui décide de se séparer.

Emilie[6], 23 ans, nous a expliqué que la séparation de ses parents quand elle avait huit ans a été source d’incompréhension, surtout qu’avec sa sœur, elles n’ont rien vu venir et que les événements se sont enchainés rapidement. C’est plus tard qu’elle a compris. Ses parents se sont donné une seconde chance, mais cela n’a pas tenu. Ils se sont séparés définitivement alors qu’elle avait onze ans. Là, elle comprenait ce qui se passait, surtout que la vie familiale était tendue et la relation entre ses parents était conflictuelle.


Clotilde, 37 ans : Mes parents ont divorcé quand j’avais 2 ans et se sont fait une guerre sans merci pendant vingt ans, à coup de procès. Je garde un souvenir d’incompréhension totale, d’abandon. De honte, aussi, vis-à-vis des autres enfants. Je n’en parlais pas, je ne pensais qu’à m’effacer. J’en veux à mes parents de ne m’avoir jamais rien expliqué.[7]


Les émotions de l’enfant

Face à cette épreuve difficile de la vie, l’enfant peut éprouver diverses émotions : chagrin, angoisse, peur, colère, etc. Certains sentiments peuvent être plus forts selon l’âge et la maturité de l’enfant. Les choses seront différentes si un enfant a 2 ou 6 ans au moment de la séparation. Les circonstances changent et le niveau de maturité est aussi très différent.[8]

  • Pour le jeune enfant (de moins de cinq ans), un problème apparaît quand, avec son envie de trouver des réponses, il fait face à des mensonges, des choses qui ne collent pas et qui, par conséquent, vont accentuer la sensation que le monde s’est transformé en un endroit peu sûr.[9] Il peut développer un sentiment d’insécurité, une image négative de la situation, des peurs, etc. Parmi les peurs qui peuvent s’accentuer, on retrouve la peur d’être seul ou qu’un de ses parents l’abandonne. Il peut donc se montrer très possessif avec l’un des deux (ou les deux).[10]
  • L’enfant âgé de six à douze ans comprend suffisamment ce que signifie le divorce pour souffrir de dépression, être en deuil ou s'attrister au sujet de la perte de leur famille. Beaucoup d'entre eux continuent de souhaiter la réconciliation de leurs parents. Ils peuvent aussi se sentir en profond conflit face à la loyauté envers leurs parents. Ils sont suffisamment centrés sur eux-mêmes pour s'imaginer qu'il s'agit d'un rejet personnel, mais ils peuvent également être assez mûrs pour blâmer d'autres personnes.[11] Même si les enfants de cette tranche d’âge peuvent être en colère contre leurs parents, ils développent des capacités d’empathie. Selon leurs rapports à leurs parents et leur vécu de la situation, ils peuvent donc devenir très proches de leurs parents et chercher à les consoler.
  • L’enfant de plus de douze ans peut être triste, en colère ou se replier sur lui-même. Le chamboulement familial, en parallèle de la construction identitaire, peut être source de diminution de l’estime de soi. Cela peut amener les adolescents à remettre en question leur propre capacité future d'établir une relation à long terme avec un partenaire et beaucoup d'entre eux sont très en colère contre leur père ou leur mère. En outre, le divorce peut retarder ou accélérer l'entrée dans l'adolescence.[12]

Emilie explique avoir ressenti du soulagement lors du divorce de ses parents car la vie de famille était devenue difficile. En même temps, elle se sentait coupable par rapport à sa maman qui vivait mal la séparation et investiguait auprès de ses filles sur leur vie chez leur papa. Cela était aussi source de frustration, car elle remettait en cause l’éducation faite par le papa. Sa grande sœur a vécu différemment les choses, dans la colère et un conflit permanent avec leur maman. Adolescente, elle en voulait à leur maman et faisait pression sur elle.

Les réactions de l’enfant

Les réactions de chacun vont être différentes selon les tempéraments, la conflictualité de la situation, le vécu des parents, etc. La séparation des parents est une situation singulière vécue différemment selon les familles et les enfants. Cela ne se passe pas toujours de manière harmonieuse. Alors que certains enfants vivent la situation sans entraves, d’autres peuvent développer un malaise, de la colère, etc.

Tout comme la compréhension et les émotions, les réactions varient aussi, entre autres, selon l’âge de l’enfant. Les enfants d’âge préscolaire peuvent présenter des comportements régressifs, des sentiments de culpabilité, des troubles du langage, de l’anxiété et de la tristesse ; à l’âge scolaire, au contraire, ils vivent de l’insécurité, des conflits de loyauté et la peur d’abandon. Durant la préadolescence, ils manifestent de la colère envers les parents, un sentiment de honte et des troubles psychosomatiques. Enfin, au cours de l’adolescence, on remarque plus fréquemment des comportements « parentifiés », une tendance à l’indépendance précoce, des fugues, des comportements déviants, et des activités sexuelles précoces et intenses. Au niveau des jeunes adultes, on relève des difficultés relationnelles importantes.[13]

  • Le jeune enfant (de moins de cinq ans) se trouve à une étape très délicate, en plein développement. Si la séparation a un grand impact sur le petit, la conséquence peut être un retard important dans son développement : un retard au moment d’acquérir certaines facultés psychomotrices, des difficultés à apprendre le langage.[14]Le jeune enfant a besoin de stabilité et peut donc se montrer très possessif vis-à-vis de la figure d’attachement, chercher à rester dans un endroit qui lui semble sûr, vouloir transporter son doudou et ses jouets, etc. Il recherche la sécurité !
  • L’enfant de six à douze ans peut prendre du retard à l'école et avoir des difficultés dans ses rapports avec les autres. La moitié des professeurs des enfants visés par une étude en particulier ont dit que le comportement de ces derniers avait changé.[15] De ce fait, des chercheurs ont aussi repéré que dans cette tranche d’âge, l’enfant peut développer deux « stratégies d’affrontement » (entre autres) : il peut « désapprendre » des choses qu’il avait acquises sur le plan émotionnel ou peut se montrer fort tout en camouflant une douleur et une peur très profondes. Dans le second cas, il apprend à ne pas exprimer ses sentiments, et cela l’affectera dans sa vie d’adulte.[16]
  • L’enfant de plus de douze ans a souvent une réaction vive suite à la séparation : colère, chagrin, honte, etc. il endosse parfois une grande responsabilité, ce qui peut perturber le rythme du processus de construction identitaire et d’autonomisation de l’adolescence. Au niveau scolaire, l’adolescent désinvestit ou surinvestit la sphère scolaire. Il rencontre des problèmes de concentration, d’attention. Il se montre agressif vis-à-vis des autres. Il est hyperactif, se montre collant avec ses camarades et se fait rejeter, harceler. Il réclame la proximité et la validation constante de l’enseignant. Lorsqu’il surinvestit, son perfectionnisme est source de stress, d’angoisse de performance.[17]

Dans le cas d’Emilie et de sa sœur, la maman étant « coupable » de la situation, elles se sont rapprochées de leur papa même si Emilie cherchait aussi à défendre sa maman et à lui faire plaisir. La relation étant plus difficile avec leur maman, elles allaient plus souvent chez leur papa, dans une démarche volontaire. La garde étant alternée, elles passaient lui dire bonjour avant de prendre le bus pour aller à l’école la semaine où elles étaient chez leur maman, mais ne le faisaient pas dans l’autre sens.

A l’adolescence, des réactions spécifiques ?

Pour vivre cette période de vie importante dans le développement personnel, qu’est l’adolescence, le jeune a besoin de ses deux parents, même s’il sen détache. Pour avancer dans ce processus l’adolescent a besoin de se séparer (progressivement) de ses parents. Mais quand un divorce survient, alors l’adolescent peut avoir l’impression que ses parents se séparent de lui… Bien que les adolescents essaient de se séparer des parents pendant l’adolescence, ils ont toujours besoin de la sécurité relationnelle qui vient d’une relation sûre et saine avec leurs parents.[18]

Des recherches montrent que les adolescents qui ont des parents divorcés peuvent être plus agressifs ou stressés, décrocher au niveau scolaire, devenir délinquants, tomber dans des addictions. On peut observer que certains adolescents vont développer de la colère ou un regard critique à l’égard des décisions parentales, prendre distance avec un parent, être en repli face à un ou aux deux parents, avoir de moins bons résultats scolaires ou un comportement plus perturbateur à l’école, une perte d’intérêt pour le travail scolaire. Certains vont au contraire vivre normalement les choses pour compenser une douleur intense ou développer un meilleur comportement en espérant que cela améliorera la situation, voire sauvera la relation parentale, s’ils croient être responsables de la rupture. Il ne faut pas tomber dans l’extrême et penser que cela concerne tous les adolescents dont les parents sont divorcés. Les recherches montrent simplement que cela augmente les risques de comportements agressifs, de décrochage scolaire, etc.[19]

A l’adolescence, le groupe de pairs prend une place importante[20] et peut soutenir les jeunes vivant la séparation du couple parental. À mesure que la situation familiale change et devient moins stable et/ou moins agréable, les adolescents peuvent trouver plus de confort et de sécurité dans leurs relations avec leurs amis. Cela peut offrir de vrais avantages, comme un endroit pour exprimer ce qu’ils ressentent, surtout si certains pairs ont vécu des expériences similaires.[21]

La séparation parentale n’empêche pas les adolescents d’avoir besoin de temps pour grandir. Devenus confidents, responsabilisés, ils sont parfois exposés trop tôt au monde des adultes. Comment prendre leur vécu en compte ? Quel soutien psychologique et éducatif leur proposer afin de leur permettre de se construire comme tous adolescents ?

La garde alternée, bénéfique pour l’enfant à tout âge ?

La garde alternée est devenue la norme depuis la loi du 18 avril 2006 tendant à privilégier l’hébergement égalitaire de l’enfant dont les parents sont séparés et réglementant l’exécution forcée en matière d’hébergement de l’enfant. Ceci en défendant le principe de coparentalité selon lequel les parents doivent continuer à éduquer ensemble les enfants, malgré la séparation.

L’idée est de promouvoir un lien parental solide, mais cela correspond-il toujours à l’intérêt de l’enfant ? N’y a-t-il pas une réflexion à avoir sur le bien-être de l’enfant selon son âge ?

En veillant à l’intérêt de l’enfant, il y a différents critères à prendre en compte dans le choix du système de garde : distance entre les lieux de vie, distance avec l’école de l’enfant en âge scolaire, implication du parent dans son rôle, etc.

L’âge de l’enfant est également un critère important :

  • Avant 3 ans, la garde alternée est assimilée à de la maltraitance. Un bébé ne peut pas être éloigné de sa figure d’attachement, car il n’a pas encore intégré la permanence des personnes et des objets. Ce qu’il ne voit pas n’existe pas ! Les troubles de l’attachement ont des conséquences graves sur le reste du développement de l’enfant et de l’adulte.[22] A cet âge-là, l’intérêt de l’enfant semble donc d’avoir un foyer fixe tout en gardant un lien assez fréquent avec les deux parents.
  • Les enfants de plus de 3 ans ne sont pas épargnés par les angoisses, les craintes, les peurs d’abandon et les troubles de l’attachement. La transition entre deux maisons, l’éloignement de la figure d’attachement peuvent être traumatisants si elles sont trop brusques, mal préparées et non progressives.[23] L’hébergement égalitaire peut être pensé pour ces enfants en maintenant la possibilité de contacter, de voir le parent absent ou en organisant des périodes courtes d’alternance. L’essentiel est que l’enfant se sente à sa place dans les deux foyers.
  • À l’adolescence, le jeune plus attaché à ses amis, à son groupe, vivra mal le fait d'être éloigné d’eux, de ne pas participer à une soirée parce qu’il doit aller chez l’autre parent. Ajoutons à cela le fait de déplacer sa valise, ses cours… de ne pas avoir d’endroit à soi, de devoir composer avec les enfants d’une autre fratrie et vous comprendrez le ras-le-bol qu’ils expriment ou que leur corps exprime.[24] Il n’est donc pas rare que des adolescents dont les parents vivent loin de l’autre demandent une garde principale chez l’un des deux parents. Non pas contre l’autre parent, mais plutôt pour rester proche de ses amis, de son école, de ses lieux de loisirs.

Faut-il instaurer une garde alternée si les parents habitent à plus de 40 kilomètres l’un de l’autre ? Le mode d’hébergement doit pouvoir évoluer tout au long de l’enfance et l’adolescence en recherchant le bien-être et l’épanouissement de l’enfant. Coparentalité et hébergement principal ne sont pas incompatibles même si c’est dans l’intérêt de l’enfant de bénéficier de la présence de ses deux parents et de leur implication dans sa vie.

Des points d’attention

Quel que soit l’âge de l’enfant, il est au centre de la situation. Il semble donc important qu’il comprenne ce qui se passe et qu’il puisse mettre des mots sur ses émotions. Même avec les plus jeunes, il est judicieux d’en parler. Essayons donc d’être clair-e-s avec le petit. Il est inutile de dissimuler ce qu’il se passe en se disant qu’il ne comprendra pas la situation. Les enfants comprennent plus de choses que nous le pensons (surtout nous, les parents) et ont besoin de savoir ce qu’il s’est passé. Par conséquent, être clair-e-s, direct-e-s, ne pas mentir et adapter notre discours en fonction de leur âge est très important pour qu’ils se sentent aimés.[25]

Pour un vécu optimal de la séparation parentale par l’enfant, l’essentiel est de communiquer avec lui de manière ouverte, de prêter attention à ses doutes et préoccupations selon son âge, de lui transmettre l’importance de l’autre parent, de lui montrer notre amour et maintenir au maximum la routine quotidienne (maison, école, loisirs) afin de favoriser son adaptation et d’assurer une continuité dans sa vie.

En tant que parents, il semble important d’être à l’écoute des besoins de nos enfants. La solution tient en quelques mots, sans jamais être simple : les parents confrontés au rejet gagnent à se mettre à l’écoute de l’enfant, de l’adolescent. Ils gagneront à mettre de côté le respect de leur « droit » pour entendre les besoins et doléances de l’enfant, céder sur un samedi, sur une heure, permet d’apaiser les tensions et de retrouver de la sérénité. Faire preuve de souplesse, de patience, et de présence aussi, comme ce papa qui prend un temps seul à seul avec sa fille au moment de l’alternance avant de réintégrer sa “nouvelle famille recomposée”.[26]


Marianne, 27 ans : Aînée de trois filles, j’avais 12 ans quand mes parents ont divorcé par consentement mutuel. Ma mère a toujours dit à mon père qu’il pouvait venir nous voir quand il le voulait. Sauf qu’il est parfois passé devant la maison, mais ne s’est jamais arrêté. Pour les enfants que nous étions, c’était terriblement douloureux ; nous sentions qu’il ne s’intéressait pas à nous. Dans leur tristesse, mes parents ont oublié que leurs enfants n’y étaient pour rien et qu’ils avaient besoin de la présence de chacun d’eux. J’aurais aimé qu’ils nous expliquent ce que notre avenir allait être après leur divorce, la relation qu’ils prévoyaient de vivre – ou pas – avec nous. En tant qu’aînée, il me fallait répondre aux questions de mes sœurs inquiètes et rester solide face à elles. Les adultes ont tendance à s’inquiéter davantage pour les plus petits, en pensant que les “grands” assumeront mieux… Ce n’est pas si vrai…[27]


Conclusion

Il s’agit avant tout de vécus personnels. Même si des enfants d’une même tranche d’âge peuvent ressentir les mêmes choses, ont un niveau de compréhension plus ou moins similaire, il est impossible de prévoir comment deux enfants réagiront dans une situation semblable vu leur tempérament, leur intelligence, leurs habiletés sociales qui en font des individus singuliers.

Des questions subsistent malgré tout… Y a-t-il un bon âge pour vivre une séparation parentale ? Est-il préférable de vivre dès l’enfance ou l’adolescence avec le divorce de ses parents ou de maintenir le couple à tout prix ?

Les émotions et les réactions immédiates peuvent être fortes et négatives : tristesse, colère, culpabilité, angoisse, comportements régressifs, désinvestissement scolaire, etc. Cela n’empêche pas les enfants du divorce d’avoir des réactions positives (amélioration du comportement, investissement scolaire, recherche de soutien auprès des pairs) et de rebondir en partant de leurs forces, leurs capacités afin de devenir des adultes responsables et investis en tant que citoyens.

A cet effet, les parents ont un rôle à jouer en exerçant une coparentalité au bénéfice de l’enfant. Une approche adéquate des droits des mineurs devrait souligner que, pour que les enfants se développent sereinement, de manière équilibrée, les parents devraient contribuer tous deux aux fonctions liées à leur croissance.[28] L’UFAPEC estime dans ce sens qu’il est important que les parents puissent se tourner vers des structures et des professionnels afin d’y trouver un soutien à la parentalité (centres de plannings familiaux, centres psycho-médico-sociaux).

L’école peut aussi soutenir les parents dans les moments de séparation, en veillant à défendre l’intérêt de l’enfant. L’institution scolaire n’a-t-elle pas également sa place auprès des enfants du divorce afin de les soutenir et de les guider dans le vécu de cette épreuve ? Pour dépasser les évènements, les enfants ont besoin d’être entourés de l’écoute et de la bienveillance des adultes, entre autres à l’école. Comment les équipes éducatives peuvent-elles accueillir les questionnements et les émotions de ces enfants et l’accompagner ? Que mettre en place dans nos écoles pour veiller au bien-être de ces enfants et leur permettre de poursuivre au mieux leur parcours scolaire ? C’est l’inventivité réactive des équipes pédagogiques qui mettra en place ce qui convient le mieux au contexte propre de l’école, à sa population scolaire spécifique. Si l’enfant du divorce peut ressentir que l’école prend en compte sa situation particulière, il en sera grandement aidé et pourra envisager son parcours scolaire en termes de réussite et d’épanouissement. N’est-ce pas le désir de tout parent, qu’il soit divorcé ou non ?

 

Alice Pierard

 

 


[2] Parents divorcés, comment le vivent les enfants selon leur âge ?, 15 septembre 2017, https://nospensees.fr/parents-divorces-vivent-enfants-selon-age/

FAMIPED, L’enfant face au divorce des parents, http://www.familiaysalud.es/sites/default/files/02.divorcio_fr.pdf

Réaction et adaptation des enfants à la séparation et au divorce de leurs parents, http://www.justice.gc.ca/fra/pr-rp/lf-fl/divorce/2004_2/p2.html

M. MALAGOLI TOGLIATTI et al., « Les enfants du divorce comme protagonistes actifs de la séparation conjugale », in Cahiers critiques de thérapie familiale et de pratiques de réseaux, n°34, 2005, pp. 135-156, https://www.cairn.info/revue-cahiers-critiques-de-therapie-familiale-2005-1-page-135.htm

[3] Pour plus d’informations, voir A. PIERARD, L’enfant : acteur au cœur de la séparation parentale, analyse UFAPEC n°33.18, décembre 2018, http://www.ufapec.be/nos-analyses/3318-divorce-vecu-enfant.html

[4] Parents divorcés, comment le vivent les enfants selon leur âge ?, op cit.

[5] Parents divorcés, comment le vivent les enfants selon leur âge ?, op cit.

[6] Témoignage recueilli le 14 novembre 2018. Des éléments de ce témoignage seront repris tout au long de cette analyse.

[7] A.-L. GANNAC « Divorce : les enfants jugent leurs parents », in Psychologies, octobre 2006, http://www.psychologies.com/Couple/Crises-Divorce/Enfants-et-separation/Articles-et-Dossiers/Divorce-les-enfants-jugent-leurs-parents

[8] Idem.

[9] Idem.

[10] Idem.

[11] Réaction et adaptation des enfants à la séparation et au divorce de leurs parents, op cit.

[12] Idem.

[13] M. MALAGOLI TOGLIATTI et al., « Les enfants du divorce comme protagonistes actifs de la séparation conjugale », op cit., p. 143.

[14] Parents divorcés, comment le vivent les enfants selon leur âge ?, op cit.

[15] Réaction et adaptation des enfants à la séparation et au divorce de leurs parents, op cit.

[16] Parents divorcés, comment le vivent les enfants selon leur âge ?, op cit.

[17] N. VANCRAYENEST, « Enfants de parents séparés : que faire quand ils ne supportent plus la garde alternée ? », publié le 20 novembre 2018, in La Libre.be, http://www.lalibre.be/lifestyle/psycho/enfants-de-parents-separes-que-faire-quand-ils-ne-supportent-plus-la-garde-alternee-5bf3dce4cd70e3d2f6ce0b76

[18] Divorce des parents : l’impact sur les adolescents, https://petitpousse.fr/divorce-parents-impact-adolescents/

[19] Idem.

[20] Pour plus d’informations sur l’influence du groupe de pairs, voir A. PIERARD, Construction de soi et groupe de pairs : quel lien entre ces deux éléments phares de l'adolescence ?, analyse UFAPEC n°19.18, octobre 2018, http://www.ufapec.be/nos-analyses/1918-effet-de-groupe-et-ados.html

[21] Divorce des parents : l’impact sur les adolescents, op cit.

[22] N. VANCRAYENEST, « Enfants de parents séparés : que faire quand ils ne supportent plus la garde alternée ? », op cit.

[23] Idem.

[24] Idem.

[25] Parents divorcés, comment le vivent les enfants selon leur âge ?, op cit.

[26] N. VANCRAYENEST, « Enfants de parents séparés : que faire quand ils ne supportent plus la garde alternée ? », op cit.

[27] A.-L. GANNAC « Divorce : les enfants jugent leurs parents », op cit.

[28] M. MALAGOLI TOGLIATTI et al., « Les enfants du divorce comme protagonistes actifs de la séparation conjugale », op cit., p 153.

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