Etude UFAPEC décembre 2012 par D. Houssonloge

36.12/ET-2 Les relations école-famille quand les parents ne lisent pas et n'écrivent pas. Le point de vue des parents.

Téléchargez l'étude complète (54p.) ci-dessus

 

Ce n’est pas parce qu’on n’a pas de diplôme qu’on n’est pas compétent pour éduquer son enfant.
Un parent en formation en alphabétisation

Introduction

« Dans le monde qui nous entoure, où l’usage de l’écriture est universel, on trouve, en somme, “naturel” un tel usage, et nul ne se demande d’emblée comment et quand il aurait été inauguré. L’écriture nous apparaît comme un élément aussi indispensable à notre vie que le feu, l’outil et le langage, et il ne nous vient pas facilement à l’idée qu’elle ait jamais été absente de notre passé »[1].

Nous vivons dans une culture de l’écrit où celui qui n’en n’a pas la maitrise se voit exclu à bien des niveaux. Cette culture de l’écrit va de pair avec une société dominée par le capital scolaire. Pour réussir professionnellement et être intégré socialement, il faut de plus en plus de diplômes, au minimum savoir lire et écrire.[2]

Pourtant notre pays comprend encore de nombreux analphabètes ou illettrés (nous préciserons ce concept dans quelques lignes), 10 % soit une personne sur 10. Trop souvent, l’analphabétisme se reproduit de génération en génération devant une école impuissante. Aujourd’hui, l’analphabétisme représente un facteur d’exclusion et devient dès lors un problème de société.

Une précision s’impose d’emblée : illettrisme ou analphabétisme ne veut pas dire handicap ou maladie. Les préjugés sur les personnes analphabètes sont encore nombreux. Trop de discours indignés et généreux ont voulu dénoncer l’illettrisme qui existait encore chez nous malgré une école obligatoire, mais, en réalité, ces discours ont produit une stigmatisation des personnes analphabètes[3]. Tout au  long de cette étude, nous tenterons de restituer une juste représentation de l’illettrisme et des personnes qui ne lisent et n’écrivent pas : on ne nait pas illettré, on le devient, pour des raisons diverses que nous détaillerons plus loin,  et on peut en sortir à tout âge grâce à une formation adaptée.

Dans notre étude, nous aborderons l’analphabétisme d’« autochtones », c’est-à-dire de personnes scolarisées en Belgique. La question de l’analphabétisme lié à l’immigration ne sera pas traitée ici.

En tant qu’organisation représentative des parents d’élèves de l’enseignement catholique, l’UFAPEC tire la sonnette d’alarme. Si l’objectif de l’école est bien de garantir à chaque élève des chances égales d’émancipation via « L’école de la réussite », comme le prévoit le décret Missions de 1997, il est plus que temps de se pencher sur la question des parents analphabètes et sur ce qui est mis en place pour leur permettre d’accompagner leur enfant dans sa scolarité. C’est la voix de ces parents que nous faisons entendre dans cette publication pour que la question soit véritablement prise en compte et que des moyens soient enfin mis en œuvre.

Il est plus que temps également de se demander pourquoi alors que l’école est obligatoire et prétend faire réussir TOUS les élèves, 7 % d’entre eux sortent chaque année de l’école primaire sans savoir lire ni écrire.

Grâce à la collaboration de Lire et Ecrire-Namur, nous avons organisé des groupes de paroles avec des parents en formation à l’alphabétisation. Nous remercions encore chaleureusement tant les parents que la directrice Huguette Vlaeminck et les formatrices Geneviève Godenne et Sandrina Destaerke pour leur investissement et la confiance qu’ils nous ont témoignée.

A travers cette publication, nous dresserons un état des lieux de l’analphabétisme en Belgique, nous essayerons de comprendre qui sont les personnes analphabètes et ce qu’elles vivent au quotidien ; nous étudierons aussi ce qui définit la relation école-famille et les freins que l’analphabétisme représente dans cette relation. Nous vous présenterons le point de vue et le vécu de parents en formation d’alphabétisation. Enfin, nous dégagerons des pistes en vue d’un meilleur dialogue entre l’école et les parents qui ne lisent pas et n’écrivent pas pour une meilleure réussite de l’élève.

 

Dominique Houssonloge

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[1]Jean Bottero, Naissance de l’écriture Catalogue de l’exposition au Grand Palais, Paris, Ministère de la Culture, Ed. Des Musées Nationaux, 1982, p. 28.

[2]Dominique Houssonloge, Diplômes à tout prix ou stratégies des familles dans la réussite socio-professionnelle. Analyse UFAPEC 2008. http://www.ufapec.be/nos-analyses/diplomes-a-tout-prix-ou-strategies-des-familles-dans-la-reussite-socio-professionnelle/

[3]Bernard Lahire, L’invention de l’illettrisme. Paris, La Découverte, 1999.

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