15 octobre 2009 - Rentrée politique : mesures budgétaires - Cyberlettre n°31
Les économies budgétaires
Nous sommes attentifs aux effets des décisions budgétaires et nous interpellons directement Madame SIMONET, ministre de l’enseignement à ce propos. Déjà lors d'une rencontre le mercredi 7 octobre, nous lui avons rappelé les éléments forts de notre mémorandum 2009 qui touchait à la revalorisation des enseignants et à la décharge administrative des directions. Et, sur base des projets qui ne manqueront pas d'être disponibles sous peu, nous continuerons à défendre l'intérêt des enfants et des parents de l'enseignement catholique.
Malgré ces temps budgétairement difficiles, notre 1ère priorité reste la lutte contre l’échec scolaire. Nous sommes convaincus de la nécessité de garder un climat serein entre tous les partenaires de l’éducation, afin qu’ensemble, nous trouvions les pistes qui nous permettront de relever ce défi ; la lutte contre l’échec scolaire est une des sources d’économies de demain, et permettra d’améliorer les conditions de travail des enseignants.
En matière d’économie, il n’y a pas 36 voies possibles : ou on restreint les frais de personnel, ou on diminue les frais de fonctionnement.
Sans connaître précisément les mesures finalement envisagées, permettez-nous quelques remarques.
Agir sur l’encadrement de manière négative nous parait peu admissible, car ce sont les enseignants qui portent sur leurs épaules la qualité de l’enseignement auprès de nos enfants. Notre Mémorandum évoque à maintes reprises ce thème. Tout notre chapitre 5 porte sur la
revalorisation des enseignants. Et nous ne visons pas la revalorisation de leur barème, car nous savons fort bien que là n’est pas le problème. Une de nos études d’éducation permanente de 2008 porte sur le malaise des enseignants. Il est clair que ce n’est pas les conditions financières qui sont au centre de celui-ci :
revaloriser leur image ; de bonnes relations humaines entretenues avec les différents acteurs de l’enseignement ; mettre l’accent sur la formation ; etc.[1] Notre chapitre 5 du Mémorandum termine par un conseil, voire une recommandation : L’UFAPEC demande que des nouvelles réformes ne soient pas promulguées avant d’avoir été mûrement réfléchies, de manière à ne plus engendrer une insécurité dans le chef des enseignants et des directions.
Agir au niveau des subventions de fonctionnement nous fait craindre soit de rendre pour les familles l’enseignement encore plus cher qu’il ne l’est actuellement, soit de mettre encore plus de pression sur les directions, alors que nous revendiquons un allègement de leur tâches non pédagogiques, pour se centrer sur leur rôle essentiel de management de leurs équipes.
Notre chapitre 7 du Mémorandum y est consacré : L’UFAPEC demande : Que les directions soient libérées du surcroît des tâches administratives afin de pouvoir se consacrer essentiellement à leurs fonctions d’animation pédagogique des enseignants, de contacts avec les parents et le monde extérieur, de disponibilité pour les élèves, etc.
Si désormais les directions sont encore plus mises sous pression par le manque de moyens, non seulement nous craignons qu’elles n’assument encore moins leur fonction pédagogique, mais ne faudrait-il pas craindre même un renforcement de la pénurie de candidats directeurs ?
Par ailleurs, nous ne voudrions pas que les associations de parents soient mises à contribution pour rechercher encore plus de moyens. Le Décret du 30 avril 2009 sur les Associations de parents d'élèves et les Organisations représentatives d'Associations de parents d'élèves en Communauté française fixe bien d’autres missions aux A.P. que de devenir quasi exclusivement un comité des fêtes. Faciliter les relations entre les parents et l’ensemble de la communauté éducative, et veiller à l’information de tous les parents, telles sont les missions des associations de parents, définies par l’article 2, §2 (décret du 30/04/09).
[1] Le malaise des enseignants dans le secondaire : Un iceberg provoqué par des tensions humaines ?, France BAIE, Analyse UFAPEC 2008.