Pacte pour un enseignement d'excellence : un projet d'ambition !

25 août 2016

Note informative -

 

En mai dernier, le groupe central a adressé formellement un avis au Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, avis qui faisait suite aux travaux des groupes de travail établis dans le cadre de la troisième phase des travaux du Pacte. Le Gouvernement a approuvé intégralement cet avis et les orientations qui s'y trouvent, attendant que des travaux supplémentaires soient produits avant de procéder aux arbitrages qui lui reviennent.

Le 30 juin, le groupe central a présenté ses travaux au Parlement. Dans le premier point  de la note "Communication commune à l’occasion de la présentation de l’avis n°2 du Pacte au Parlement", les membres du groupe central soulignent : "Nous défendons fermement ces orientations, les perspectives nuancées qu’elles ouvrent sur des sujets complexes et les points d’équilibre que nous sommes arrivés à dégager au terme d’un long et patient travail collectif. Nous estimons en effet que ces orientations portent sur les défis essentiels de notre système scolaire et sur ce qu’il convient de faire pour le rendre plus équitable et plus efficace, pour assurer les apprentissages pour tous et  sortir du déterminisme social : favoriser le sens de l’effort, le goût d’apprendre, la valorisation du travail de l’élève, l’éveil et le développement des talents de chacun ainsi que l’orientation positive. Nous défendons aussi ces orientations parce qu’elles ont été construites à partir de la réalité des classes et sont fondées sur l’expertise et l’expérience de ceux qui vivent l’école au quotidien."[1] Et plus loin le groupe central précise : "S’il aborde tous les sujets sans tabou, le projet du Pacte définit des orientations et analyse l’ensemble des paramètres qui permettront d’envisager les priorités à court, moyen et long termes."

L'UFAPEC impliquée

L'UFAPEC est présente, depuis le début du processus, dans l'ensemble des travaux du Pacte, tant dans les différents groupes de travail qu'au groupe central. De plus, la ministre de l’éducation ayant souhaité que les différents acteurs soient consultés "au plus près du terrain", il a été envisagé avec son cabinet de mettre sur pied une série de rencontres avec les parents leur permettant d’exprimer leurs points de vue sur les objectifs développés dans les différents groupes de travail mis en place par ailleurs. Ces rencontres oragnisées dans chaque régionales suivaient toutes le même canevas.

Après une présentation des groupes de travail et des principaux objectifs poursuivis par chacun, les parents présents étaient invités à discuter en sous-groupes de ces objectifs, d’en choisir l’un ou l’autre et d’émettre opinions et propositions relatives à ceux-ci. La fin de la rencontre était consacrée à une mise en commun de ce que chaque sous-groupes avait réfléchi et développé.

Les différentes réunions, organisées en novembre et décembre derniers, ont rassemblé plus de deux cents parents d’origines et d’univers très divers. Ce qui les a réunis, c’est l’intérêt qu’ils portent à la scolarité de leur enfant, à la compréhension du système qui permet et circonscrit l’exercice de cette scolarité et à l’esprit de collaboration d’un pacte au sein duquel ils espèrent être entendus. Les rapports de ces réunions ont été synthétisés et publiés sur le site du Pacte.[2] L'UFAPEC en a tenu compte dans le cadre de ses contributions et interventions dans les différents groupes de travail.

Pour la réussite scolaire de tous

"Le projet du Pacte préconise, dans une optique d’excellence et de lutte contre les inégalités, une véritable stratégie contre le redoublement, contre l’exclusion et la relégation, et ce dès le plus jeune âge."[3]

L'UFAPEC a toujours soutenu que l'objectif de l'école doit être la réussite de tous et non de produire de l'échec et des exclus, que ce soit par la répétition du redoublement ou par une orientation de relégation dans des filières qui ne correspondent pas au jeune. Ce fléau social semble être tellement inscrit dans les mentalités que parler de limitation du redoublement fait réagir immédiatement. Avec une analyse approfondie des chiffres du redoublement et des études qui lui sont consacrées, on se rend compte que le redoublement produit, dans la plus grande majorité des situations, non pas une réussite assurée, mais de l'échec et de nouveaux redoublement au cours du parcours scolaire. Et plus ce redoublement est précoce, plus il hypothèque l'espoir de réussir un parcours avec un diplôme ou une qualification à la clé. Il convient donc que l'école mette tout en œuvre pour lutter contre cette "culture" de l'échec.

Un des points d'attention doit être le respect de la continuité des apprentissages. Depuis le décret mission, le concept de continuum pédagogique est inscrit dans l'organisation du système scolaire. Or, les résultats comparés du CEB et du CE1D le manifestent, on est loin de cette continuité pédagogique qui permet d'assurer la réussite. Le passage de 6e primaire en 1e secondaire est vécu comme une rupture fondamentale et les enseignants ignorent complètement ce que font ceux qui les précèdent ou les suivent. L'inscription dans la DPC et dans les travaux du Pacte d'un tronc commun polytechnique devrait garantir la réussite. L'UFAPEC souhaite que ce soit également par une prise de conscience, dès aujourd'hui, de ces nécessaires continuités.

Les rythmes scolaires

"Nous n’avons pas opté d’emblée pour un allongement de la journée scolaire ni du temps des vacances. Mais nous souhaitons clairement poursuivre l’analyse de la faisabilité d’une modification de l’organisation de la journée et de l’année scolaire qui tienne compte du bien-être des enfants, de leurs rythmes biologiques et d’apprentissage et de la diversité de leurs activités, qui doivent intégrer le sport, la culture et le travail individuel et collectif. Sur ce point, comme sur tous les autres, nous souhaitons poursuivre des discussions objectives où soient pris en compte les impacts des propositions formulées."[4]

Comme l'indique très clairement la communication du groupe central, ce débat sur les rythmes scolaires journalier et annuel n'est pas clos et rien n'est encore décidé sur ces questions. Toutefois, l'UFAPEC veut souligner, comme elle l'a fait en août 2015, l'importance de la prise en compte de ces rythmes pour répondre aux besoins biologiques fondamentaux des enfants en vue de leurs apprentissages. Il ne s'agit pas de faire correspondre le rythme de l'école aux objectifs des entreprises et de leur besoins organisationnels. Il s'agit de répondre à l'objectif de réussite scolaire que tous souhaitent pour chaque enfant et aux besoins des familles dans leur grande diversité, dans le respect du rythme de chaque enfant.

Le débat qui a suivi dans la presse la diffusion de l'avis du groupe central en mai dernier a fait entendre sur ces questions de rythmes scolaires le point de vue de certaines familles et de certains parents. L'UFAPEC pense que ce débat doit être poursuivi en tenant compte du point de vue de toutes les familles, dans leurs différences d'origines, sociales, culturelles, structurelles… Si l'école doit être celle de tous, elle doit l'être aussi de toutes les familles. Les discutions sur ces questions d'organisation de la journée et de l'année scolaire devront prendre le temps nécessaire pour que le plus large consensus soit atteint avant que des décisions soient prises.

Un pilotage et une gouvernance ancrés sur le terrain

Un problème fréquemment souligné est celui de la disparité de résultats entre les écoles. Certaines écoles obtiennent de très bons résultats aux épreuves externes et d'autres, disposant des mêmes moyens, dans un environnement comparable, de bien moins bons. Ce phénomène de clivage entre les "bonnes écoles" et les "mauvaises" entraine un accroissement de ces disparités, un découragement des équipes éducatives et une désaffection des élèves et de leurs parents. Pourtant, il n'y a pas de fatalité.

Le pilotage et l'accompagnement pédagogique des écoles en difficulté doivent se vivre au plus près du terrain. Il convient dès lors de mettre en œuvre ce que le Pacte propose en cette matière. Ne pas considérer l'ensemble des établissements de la Fédération Wallonie-Bruxelles, organisés ou subventionnés, comme un tout homogène, mais bien comme des établissements aux caractéristiques diverses, dépendant, entre autres, des réalités locales rencontrées. Dès lors la proposition de passer une contractualisation tenant compte des circonstances locales avec un délégué chargé de celles-ci sur le terrain paraît être très porteuse en matière d'amélioration et de réussite scolaire.[5]

Pour la suite…

Les travaux du Pacte prendront encore quelques temps avant que le gouvernement ne passe aux décisions. En effet, plusieurs groupes devront remettre des études d'impact et des propositions supplémentaires pour que le groupe central puisse rédiger un rapport final. Celui-ci s'est déjà remis au travail et devrait prendre le temps nécessaire pour asseoir les ambitions portées par tous les acteurs impliqués.

Le gouvernement doit avoir clairement conscience que les travaux ne présentent pas un catalogue de mesures possibles, mais bien un ensemble cohérent qui vise, dans la multiplicité des aspects évoqués, à refonder en profondeur notre système scolaire. Nous attendons que le gouvernement ne se lance pas dans des comptes d'apothicaire, mais ait le courage d'investir pour l'école, en envisageant le moyen et le long terme dans l'appréciation des résultats prévus pour le futur. Cet investissement et cette refondation sont absolument nécessaires pour que les jeunes sortent de leur parcours scolaire avec la satisfaction de la réussite et le bonheur de l'épanouissement.

Il faudra ensuite prendre le temps de préparer les changements, sans se précipiter. Chaque groupe concerné (direction, équipe éducative, PO, inspection, administration, élèves et, bien évidemment, parents) devra être accompagné dans la durée, si l'on veut que les réformes soient bien comprises et deviennent effectives. C'est en effet une condition indispensable à respecter si l'on veut que notre enseignement soit réellement un enseignement d'excellence !

 

 

 


[1] Communication commune à l’occasion de la présentation de l’avis n°2 du Pacte au Parlement, 30 juin 2016. http://www.pactedexcellence.be/wp-content/uploads/2015/08/communication-commune-GC-30062016.pdf

[3]Communication commune à l’occasion de la présentation de l’avis n°2 du Pacte au Parlement, 30 juin 2016. http://www.pactedexcellence.be/wp-content/uploads/2015/08/communication-commune-GC-30062016.pdf

[4] Idem.

[5] Orientations relatives aux objectifs du Pacte Avis N° 2 du Groupe central, pp. 5- 21.

http://www.pactedexcellence.be/wp-content/uploads/2016/05/Groupe-central-du-Pacte-AVISN2-final.pdf 

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