Analyse UFAPEC mars 2019 par F. Baie

02.19/ Faire classe dehors dans l'enseignement fondamental : une nouvelle approche ?

Introduction

Aujourd’hui, dans nos écoles de l’enseignement fondamental, les élèves semblent avoir de plus en plus de difficultés à rester statiques. Et pourtant, les apprentissages se font encore souvent assis sur des chaises, les pieds sous un banc, en classe et face à un tableau où se trouve un professeur. Un enfant âgé entre 6 et 11 ans passe en moyenne six heures sans bouger sur le banc de l’école, et deux heures de plus devant les écrans, alors qu’une activité de 90 minutes est absolument nécessaire à sa bonne santé [1]. En sachant que les enfants ont un besoin évident de bouger, de se dépenser physiquement, d’observer les choses, d’apprendre sur le terrain, de prendre l’air, d’être conscients des enjeux environnementaux actuels, est-ce que notre enseignement ne doit pas évoluer ? Notre société clame haut et fort que la santé mentale et physique des élèves est importante, mais se soucie-t-elle vraiment du bien-être des enfants ? Faire davantage classe dehors pourrait être une nouvelle approche intéressante pour le bien-être des enfants et leurs apprentissages. Au niveau pédagogique, ne faut-il pas davantage s'inspirer des pédagogies actives et de ce qui se fait dans les autres pays ? Qu'est-ce que cette approche donne réellement comme résultats sur le terrain en Belgique ? Y a-t-il de nombreuses écoles qui décident de faire classe dehors ? Cette approche rentre-t-elle dans le programme de formation des futurs instituteurs ? Y a-t-il des bénéfices et des inconvénients à faire classe dehors ?

Classes dehors, tour d'horizon

Céline Teret, dans le magazine Symbioses[2], explique comment d’autres pays ont depuis longtemps compris l’intérêt de faire classe dehors : On ne s’étonne pas d’apprendre que c’est également dans les pays nordiques que les écoles du dehors sont les plus présentes. Les précurseurs en la matière sont les Danois. Leurs ‘skovbørnehave’ (« écoles maternelles dans les bois », skov signifiant bois) ont vu le jour dans les années 60 aux alentours de Copenhague. Faute de place en ville, ces écoles ont été construites en dehors du centre et les enfants emmenés et ramenés en bus.

Céline Teret explique dans son article qu’en Suède, les écoles pour petits basées dans la nature ont émergé dans les années ‘80 et représentent aujourd’hui environ 15 % des classes élémentaires. Elles sont entièrement subventionnées par l'État. Céline Teret explique également que l’Allemagne s’est inspirée du modèle danois avec la création d’une première école en 1993. Elles sont désormais 400. Et même si leur nombre tend à diminuer pour des raisons de restrictions budgétaires, l'idée d'aller dehors reste bien implantée dans la pédagogie scolaire[3].

Depuis les années 2000, la Suisse s’est montrée également très attentive aux apprentissages qui se feraient dehors. La suissesse Sarah Wauquiez[4], pédagogue par la nature, psychologue et auteure du livre « Les enfants des bois »[5], est convaincue des bienfaits de faire classe dehors. Dans son livre, elle donne des idées pour mettre sur pied un jardin d'enfants dans la nature, une école enfantine dans la forêt, des sorties régulières dans la nature avec une école maternelle. Pour Sarah Wauquiez, les effets du contact des enfants avec la nature sont positifs sur le plan du développement social, sur la créativité, sur la motricité générale et la capacité de concentration. Les enfants apprennent mieux à jouer ensemble, se battent moins entre eux. La nature favorise les interactions sociales, ce qui a des répercussions dans leur vie sociale future. La nature serait une bonne pédagogue pour apprendre aux enfants à vivre en société.

Et en Belgique ?

En 2010, Sarah Wauquiez écrivait : Dans 10 ans les premiers jardins d'enfants et écoles maternelles en nature vont être réalisés et connus aussi en Belgique et en France. Plusieurs crèches et garderies, beaucoup de classes d'école maternelle et quelques classes d'école primaire vont sortir régulièrement, une fois par semaine ou pendant un certain temps chaque jour, en nature. Il y aurait peut-être même des crèches-garderies en nature ou sur une ferme. Ceci est ma prévision personnelle d'après 10 ans d'observation de la scène en Suisse, du développement dans les pays origines des jardins d'enfants en nature et des informations de la France et la Belgique [6]. Nous sommes en 2019, presque 10 ans après ce que cette pédagogue préconisait. Alors en Belgique, que fait-on et où en est-on ?

En Belgique, pour donner l’occasion aux enfants d’être au contact avec la nature, les écoles fondamentales organisent bien souvent des classes vertes et autres classes de dépaysement. Pour certains enfants précarisés, ces classes sont une véritable découverte, car ils ne sont pas souvent « au vert ». Ces séjours ne durent qu’une semaine et ne sont pas réguliers. « Les classes du dehors » qui sont des sorties journalières voire hebdomadaires ou régulières, et qui font partie intégrante du projet de l’école, font figure d’exceptions. En Belgique, faire classe dehors reste encore marginal et n’est pas institutionnalisé. Il n’y a pas de pratique généralisée, ni de recommandation particulière de notre fédération d’enseignement fondamental en la matière. Il y a des pratiques ici et là, explique Conrad van de Werve[7], directeur du service de communication du SeGEC (Secrétariat Général de l’Enseignement Catholique).

Sur le terrain

Cependant, progressivement, des écoles qui font classe dehors voient le jour un peu partout en Belgique. Le réseau des « CRIE »[8] (Centres Régionaux d'Initiation à l'Environnement) s'efforce de proposer des activités d'éducation à l'environnement variées, fournissent de la documentation et des outils pédagogiques, conseillent et accompagnent les projets de classe ou d'établissement ; proposent des animations, dans l’école ou dans un CRIE ; mettent à la disposition des enseignants des malles pédagogiques. Jérôme Capart[9], travaillant au CRIE de Villers-la-Ville a l’habitude d’accompagner les classes. Selon lui, il y a de plus en plus d’écoles qui s’intéressent au fait de faire classe dehors. En faisant classe dehors, les enseignants peuvent utiliser la nature comme un terrain d’apprentissage. Je conseille souvent aux écoles qui aimeraient faire classe dehors de s’outiller du livre « Trésors du dehors »[10] pour se donner une idée de ce qui est possible de réaliser au sein des écoles.

Certaines asbl telles que « La leçon verte »[11] incitent également les enseignants à faire classe dehors. L’idée ? Amener les professeurs sur un autre terrain ; déplacer la classe hors les murs ; aérer les cervelles de la jeunesse dans un contexte qui stimule les apprentissages de toute sorte. Et ce contexte, c’est la nature[12]. Avec le programme Osons l'école dehors[13], les enseignants sont invités à sortir régulièrement avec les élèves dans un lieu proche l’école et de mieux comprendre le lien qui existe entre le "dedans" et le "dehors". Pour chaque animation d'une demi-journée (dix au total), un thème nature est prévu comme toile de fond pour développer dehors neuf compétences scolaires ![14]

A côté de ces aides pédagogiques externes, il semblerait intéressant de savoir si, en Belgique, des écoles fondamentales inscrivent au sein de leur projet d'école, noir sur blanc et de manière structurelle, ces classes du dehors ? Ces écoles font-elles classes dehors de manière très régulière tout au long de l'année ou est-ce seulement ponctuel ? Cette approche rentre-t-elle dans le programme de formation des futurs instituteurs ? Il y a-t-il des bénéfices et des inconvénients à faire classe dehors ?

Faire classe dehors, un projet d'école ?

Récemment, en Belgique, il semble qu'un certain mouvement d'écoles se propage. En effet, on entend de plus en plus d'écoles qui décident de faire classe dehors. Depuis le début de cette année scolaire 2018-2019, par exemple, l'école fondamentale Saint-Joseph-aux-champs à Grez-Doiceau dans le Brabant-Wallon, s'est lancé comme objectif de faire classe dehors. L'UFAPEC a rencontré plusieurs acteurs de cette école dont Madame Christine[15], institutrice polyvalente et responsable du projet qui nous explique en quoi faire classe dehors peut devenir un véritable projet d'école :

Toutes les trois semaines, les élèves d'un même cycle ont classe dehors durant 4 h, le mercredi matin. L'école a donc instauré une tournante pour que les élèves puissent avoir classe dehors durant toute l'année, qu'il pleuve ou qu'il neige, et cela de manière régulière. L'école a fait le choix de dégager du temps pour cela dans le capital périodes. C'est donc un vrai projet d'école régulier et structuré. Comme je suis responsable du projet, je suis dehors toutes les semaines avec les enfants. Mais je suis loin d'être la seule porteuse du projet. En effet, tous les vendredis, je me concerte avec un des deux titulaires du cycle pour préparer la matinée du mercredi qui suivra. Il y a une vraie structure d'encadrement et de concertation qui a été mise en place au sein de notre école et tous les acteurs de l'école s'impliquent dans ce projet, y compris les parents et l'association de parents. Derrière « l’école du dehors », il y a du pédagogique, on ne sort pas pour sortir. On cherche l’opportunité d'apprendre et de découvrir l’environnement, les saisons, la météo… Le fait de faire classe dehors nous donne l'occasion d’aborder des matières interdisciplinaires. Quand nous sortons dehors, on peut faire de la géographie, de la géométrie, des mathématiques, des sciences, de l’observation, de la lecture, et même de la poésie. Les enfants acquièrent également beaucoup plus de vocabulaire. Nous avons la chance d’avoir des champs, des bois, de beaux jardins aux alentours de notre école pour nos expérimentations et nos observations. Ainsi, en fonction des activités que nous avons à effectuer, nous choisissons les lieux où nous allons. Quand il neige, les enfants font de la luge, mais calculent aussi l’angle de la pente, la vitesse horaire de leur engin. Dans un endroit où nous allons souvent, chaque enfant a adopté un arbre et l’observe au fil des saisons. Les enfants mesurent également, grâce à un dendromètre qu’ils ont construit en classe, la hauteur du tronc de "leur" arbre. Faire classe dehors permet aux enfants d'apprendre de manière ludique tout en bougeant. Si on met les enfants au contact de la nature, ils la respecteront mieux. Je pense que ce qui est connu est davantage respecté. Comme les enfants ne sont pas contraints à un espace classe, ils sont plus disponibles, plus actifs, plus attentifs. On remarque également que les apprentissages effectués dehors font du bien à certains enfants qui ont des difficultés scolaires. Les apprentissages sur le terrain sont mieux assimilés parce qu'ils ont été vécus. Les enfants s'impliquent beaucoup plus, ils prennent davantage d'initiatives. C'est tellement important de donner du sens aux apprentissages ! Faire classe dehors permet également de sensibiliser les enfants aux enjeux environnementaux actuels.

A l’école libre de Lonzée, dans la Province de Namur, on a installé un tableau noir dans la cour de récréation pour faire classe dehors et les enfants interrogés semblent enthousiastes à cette idée. Grâce à ce tableau noir en plein air, nous avons parfois classe dehors. On fait également du théâtre, on chante et on danse avec nos pieds dans les écorces…,[16] nous expliquent Aina et Alice.

A l'école libre de Saint-Vaast, dans la Province du Hainaut, on a également décidé dans une classe maternelle verticale[17] de faire classe dehors sur un terril[18], à raison de trois matinées par semaine, tout au long de l’année et par tous les temps (sauf avis de tempête !).

Monsieur Circo[19], directeur, nous explique :

Nous avons une forte demande de la part des parents quant à notre projet qui existe depuis déjà six ans. Pour vous donner un exemple, j'ai récemment eu une maman au téléphone qui n'avait pas encore accouché et qui insistait pour pouvoir inscrire son futur enfant à notre école du dehors. Notre expérience fait tâche d'huile. Nous avons même des pédagogues qui viennent de l'étranger pour nous visiter et voir comment cela fonctionne. Il y a de plus en plus d'écoles en Belgique qui commencent à se questionner et qui se mettent en projet. Les inquiétudes climatiques, les enjeux environnementaux jouent un rôle certain dans ce mouvement d'école. En éduquant les enfants dès le plus jeune âge à l'environnement, il y a de grandes chances que les enfants se tournent vers le potager plutôt que vers le centre commercial. Notre école a la chance d'être proche de ce terril qui, avec les années, est devenu un écosystème extraordinaire à partir duquel on peut développer beaucoup d'apprentissages. Le terril est un véritable laboratoire ! Pour le moment, nous limitons notre projet à cette classe de maternelle, mais nous réfléchissons à la manière dont nous pourrions l'étendre à une deuxième classe et ensuite à l'école primaire. Il faut que les enseignants soient partants pour un projet qui ne les inquiète pas au niveau pédagogique. Si les enseignants sont convaincus, notre projet a plus de chance d'être pérennisé. Je pense que grâce à un tel projet, les enfants apprennent mieux, sont plus présents, plus curieux, plus éveillés, moins malades et ont l'habitude de bouger. Ce qui peut être dans certains cas, si les enfants montent après dans une classe où on n'a pas l'habitude d'être dehors, un inconvénient…

Faire classe dehors : des inconvénients ?

Pour certains enseignants, faire classe dehors peut paraître un peu plus dangereux que faire classe à l'intérieur. L’environnement réel, c’est un espace vivant, donc dynamique, où l’incertitude est de mise, où l’on peut saisir des opportunités, où l’on part de ce que l’on observe (et pas d’un schéma théorique), où l’on va manifester de la curiosité pour autre chose que ce qu’on avait prévu, où les interactions sociales sont différentes, où le corps en liberté va s’exprimer autrement, où il faut composer avec les dangers inhérents à tout espace de vie, etc., explique Christine Partoune, chargée de cours en didactique de la géographie (Ulg et Helmo) et présidente de l’Institut d’Eco-pédagogie, dans le magazine Symbiose[20]. Certains parents pensent également qu'en faisant classe dehors, on se salit, on revient parfois avec des tiques, on n'apprend moins bien. La grosse crainte des parents, c’était que les enfants n’apprennent pas et prennent du retard pour le primaire[21], explique Anne, institutrice à l'école libre de Saint-Vaast. Si on fait classe dehors, on doit donc mettre les parents dans le coup, les rassurer et les sensibiliser au projet. Certains enseignants craignent que cela leur prenne plus de temps de préparation, que cela demande plus d'organisation, qu'ils sortent du programme scolaire. De plus, toutes les écoles n'ont pas des espaces verts ou des terrains d'expérimentations aux alentours de leurs écoles pour faire classe dehors. Faire classe dehors demande aussi aux écoles de dégager du temps et de mettre à disposition suffisamment de personnes pour encadrer et accompagner les enfants. Toutes les écoles n'ont pas la chance d'avoir des enseignants motivés ou formés. Certains enseignants craignent aussi que faire classe dehors soit le projet d'une seule personne ou d'un groupe de personnes et qu'une fois que ces personnes ne sont plus là le projet s'éteigne. Pour faire classe dehors, il faut pouvoir compter sur la collectivité, le partage et le travail d'équipe. D'autres enseignants ont peur de ne pas être à la hauteur et ne pas avoir les capacités requises.

Il semble que faire classe dehors ne rentre pas encore dans certains programmes de formation des futurs enseignants primaire. Des stagiaires de troisième année que nous avons interrogés nous confirment qu'ils n’ont pas été formés à faire structurellement classe dehors c'est-à-dire à donner cours aux enfants dehors de manière régulière et tout au long de l'année en utilisant l'extérieur comme support ou tremplin d'apprentissage. N'y a-t-il pas là un manque ? Vu l'allongement de formation des futurs instituteurs (cette formation passera de 3 à 4 ans en septembre 2020[22]), et vu les enjeux environnementaux, mais aussi pédagogiques actuels, peut-être qu'à l'avenir cette approche devrait davantage être expliquée aux futurs instituteurs.

Par contre, étant donné l'intérêt de certaines écoles et de certains enseignants quant à cette nouvelle approche de donner cours dehors, il existe bel et bien une formation continuée donnée par la FoCEF[23]. A ce sujet, Joffray Poulain[24], instituteur en 6e primaire à la petite école de Gentinnes et formateur à la FoCEF, nous en dit plus : 

Il y a un manque dans la formation initiale des enseignants. A l'école normale, on enseigne aux futurs instituteurs à faire des projets ponctuels liés à l'environnement à partir de la classe. Pour moi, il faut faire l'inverse, il faut partir de l'extérieur puis revenir en classe. Il faut sensibiliser et ensuite éduquer. Il faut que les enseignants puissent sortir avec les enfants à l'extérieur pour faire le plein d'informations, de recherches, de questions et après revenir en classe pour pouvoir les développer. Il ne suffit pas de se limiter à la mise en place de projets liés à l'environnement inscrits dans un projet d'établissement limité dans le temps. En tant qu'enseignant, il faut plutôt changer sa manière de fonctionner sur le long terme. Dans nos pratiques d'apprentissage, il faut davantage se nourrir de l'extérieur. Je me suis rendu compte qu'à l'extérieur, on peut participer au développement de tous les enfants et de toutes les facettes de l'enfant. Je n'ai pas envie que cela devienne un phénomène de mode, que ce soit vu comme un plus pour l'école ou pour attirer du public. Faire classe dehors ne devrait même pas être dans un projet pédagogique ou d'établissement, cela devrait être juste normal. La première chose que je dis dans mes formations c'est qu'il faut se lancer dans quelque chose de soutenable, commencer petit pour augmenter la fréquence par la suite… Avec les enfants de ma classe, nous avons analysé l'eau d'une rivière. La qualité de l'eau y était très bonne. Avec la collaboration du "contrat rivière"[25], nous élevons maintenant des œufs de truite fario (un poisson menacé par le réchauffement climatique) pour les réintroduire dans la rivière. J'ai pu aborder avec les enfants la reproduction, le cycle de la vie, et des tas d'autres apprentissages... C'est aussi, pour les enfants, l'occasion d'être écocitoyens !

Conclusion

Dans son mémorandum 2019, l'UFAPEC encourage les dynamiques pédagogiques variées en proposant de repenser les cadres de classe : Chaque élève apprend différemment et les apprentissages peuvent être abordés de manières très différentes en fonction des objectifs, des contextes, des moyens à disposition. Aux pédagogues de penser, d'imaginer et de proposer, à côté des méthodes "classiques", des chemins d'apprentissages renouvelés. L'aménagement, la structure et la configuration des classes doivent pouvoir changer pour faciliter le bien-être et l'envie d'apprendre à apprendre…[26] Pourquoi, en effet, dans nos écoles ne pas sortir des sentiers battus et imaginer d'autres manières d'apprendre ? Même s'il subsiste, nous l'avons vu, quelques inconvénients à faire classe dehors, cette nouvelle approche paraît intéressante.

Aujourd'hui, un mouvement semble se dessiner dans nos écoles. En effet, de plus en plus d'écoles montrent de l'intérêt pour les "classes du dehors". A l'heure où les enjeux environnementaux sont on ne peut plus criants, certaines écoles sont à l'affut des innovations qui permettront aux élèves d'être davantage au contact de la nature et de la respecter. Nous avons vu que faire classe dehors contribue à réduire les inégalités scolaires, car certains enfants en difficultés apprennent bien mieux avec cette manière de donner cours. La réflexion et la pratique des écoles évoluent. Celle-ci sont bien conscientes que ces classes du dehors ont des répercussions positives sur la santé physique, mentale des enfants, mais également sur leurs apprentissages.

Contagieusement, les écoles s'inspirent mutuellement des nouvelles pratiques pédagogiques utilisées chez les autres, certains enseignants se forment en cours de carrière pour pouvoir faire classe dehors. Certaines écoles inscrivent les classes du dehors dans leur projet d'établissement de manière structurelle, en organisant régulièrement des sorties, en utilisant la nature comme support aux apprentissages, en libérant du temps et en fournissant l'encadrement nécessaire. D'autres ne le font pas, par manque de temps, par manque de formation, par manque d'intérêt, etc. Face à ce constat, l'UFAPEC s'interroge. Ne serait-il pas intéressant d'éveiller davantage au cours de leur formation initiale les futurs institutrices et instituteurs aux nouvelles pratiques pédagogiques afin de leur ouvrir encore plus les champs des possibles ?

Nous l'avons vu, faire classe dehors de manière structurelle et non épisodique semble demander de l'énergie, un travail d'équipe, une souplesse dans l'aménagement des cours, un encadrement renforcé (les parents accompagnent parfois les classes), et une vraie volonté d'insérer cette pratique dans la grille horaire des enseignants. L'UFAPEC encourage les acteurs de l'école à se questionner sur les nouvelles pédagogies pour coller à la réalité, aux enjeux fondamentaux d'aujourd'hui et de demain afin de donner du sens aux apprentissages. Pour l'UFAPEC, faire en sorte que les apprentissages soient pratiques, concrets, ludiques et amusants devrait devenir un défi de tous les instants.

 

 

France Baie

 


[1] http://stories.lalibre.be/inspire/numero17/index.html - lien vérifié le 12 janvier 2019.

[2] C. Teret, Là-bas, la nature pour apprendre in Magazine Symbioses « Dehors ! La nature pour apprendre », n°100, 2013, pp. 20 et 21, https://www.symbioses.be/pdf/100/Sy-100.pdf - lien vérifié le 14 janvier 2019.

[3] Idem.

[4] Sarah Wauquiez est pédagogue par la nature, enseignante et psychologue. Elle est active dans le milieu de la pédagogie par la nature depuis 1998 : sorties avec des enfants de 3 à 10 ans, formations pour adultes et programmes de recherche sur les effets de la nature pour les enfants.

[5] S. Wauquiez, Les enfants des bois - Pourquoi et comment sortir en nature avec de jeunes enfants, éd. Books on Demand, Paris, France, 2008.

[6] « L’histoire des crèches et jardins d’enfants en forêts », sur Enseignement.be, téléchargeable sur www.enseignement.be - rechercher document n°7674- file:///C:/Users/france/Downloads/ERE%20-%20L%20histoire%20des%20creches%20et%20jardins%20d%20enfants%20en%20foret%20(ressource%207674).pdf – lien vérifié le 14 janvier 2019.

[7] Interview effectuée par France Baie par mail le 13 février 2019.

[8] http://www.crie.be/wakka.php?wiki=PagePrincipale -lien vérifié le 14 janvier 2019.

[9] Interview effectuée par France Baie par téléphone le 16 février 2019.

[10] Groupe de travail « Tous dehors », « Trésors du dehors », janvier 2017 - http://tousdehors.be/?LeLivre – lien vérifié le 18 janvier 2019.

[11]https://www.leconverte.org/ -lien vérifié le 18 janvier 2019.

[12] A. Vaucelle, L’école dehors, une autre façon d’apprendre… qui a fait ses preuves, La Libre Inspire - http://stories.lalibre.be/inspire/numero17/index.html - lien vérifié le 18 janvier 2019.

[14] Idem

[15] Interview effectuée par France Baie le 11 février 2019.

[16] Interview effectuée à l’école libre de Lonzée par France Baie. Voir l’article : « Des cours de récréation à recréer », in Les Parents et l’Ecole, n°101, p.16 et 17 -Décembre 2018.

[17] Classe verticale reprenant des enfants de 1e, 2e et 3e maternelle.

[18] Un terril est une colline artificielle construite par l’accumulation de résidus miniers.

[19] Interview effectuée à l’école libre de Saint-Vaast par France Baie, le 13 février 2019.

[20] https://www.symbioses.be/pdf/100/Sy-100.pdf -lien vérifié le 12 février 2019.

[21] Idem.

[23] Formation Continuée des Enseignants du Fondamental.

[24] Interview de Joffray Poulain par France Baie – le 21 février 2019.

[25] http://environnement.wallonie.be/contrat_riviere/ - lien vérifié le 21 février 2019.

[26] Mémorandum UFAPEC 2019 – Janvier 2019 - http://www.ufapec.be/files/files/Politique/memorandum/MEMORANDUM-2019.pdf - p. 44.

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