Etude UFAPEC août 2017 par M. Lontie

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13.17/ET1 - L'Education à la Vie Relationnelle, Affective et Sexuelle (EVRAS) : quels enjeux et perspectives ?

Introduction

L'éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle (EVRAS) est organisée depuis très longtemps dans les écoles, sur base volontaire et en fonction de leurs perspectives éducatives propres. Cependant, une étude réalisée en 2002-2003 par les Facultés Notre-Dame-de-la-Paix de Namur et PROMES-ULB avait révélé les grandes différences qui pouvait exister d'un établissement à l'autre en la matière[1]. En effet, l'étude mettait en évidence que certains établissements ne proposaient rien ou presque rien à leurs élèves, quand d'autres investissaient un temps considérable à l'organisation d'activités EVRAS. Qu'en est-il aujourd’hui ? Qu'est-ce qui est proposé aux élèves ? Qui décide, qui coordonne et comment construire un nouveau projet EVRAS dans l'école ? Quels enjeux sociaux, politiques, à travers quels intérêts et quelles réticences ? Pointons déjà rapidement quelques enjeux sociaux, comme le respect, la non-violence dans la relation et notamment dans une relation de couple, la communication des attentes et des sentiments, l’égalité des genres, la question des droits sexuels et reproductifs, la non-discrimination et l’émancipation des filles, le respect des minorités sexuelles, les questions de santé publiques par rapport aux MST… Puis quelques enjeux politiques : vision large ou limitée de l’EVRAS, reconnaissance des besoins et attentes de chaque individu et des minorités, respect de la liberté d’enseignement… Et, finalement, qu'est-ce qu'une activité EVRAS ? Voici déjà une ébauche de réponse, qui sera complétée au fil du texte : ces activités spécifiques peuvent être réalisées en partenariat avec des structures externes invitées à faire des animations ciblées sur la communication non-violente, sur le respect et l'écoute de l'autre, sur des aspects d'identité, de genre, de multiculturalité, de sexualité… Nous les appellerons ici "intervenants externes EVRAS". Mais l'EVRAS peut également être rencontrée par les établissements scolaires via des activités en interne, directement prises en charge par l'équipe éducative. On peut penser, notamment, à la mise en place de temps de parole réguliers pour les élèves afin qu'ils puissent exprimer leurs ressentis, leurs angoisses, leurs satisfactions, leurs liens d'amitié/d'inimitié ou par l'organisation de conseils d'élèves[2] lors desquels la communication peut être travaillée différemment, avec une attention particulière au respect de l'autre, au partage des points de vue, au développement de positions communes…

Inscrite dans les missions de l'école depuis 2012, l'EVRAS a connu une nouvelle mise en lumière, notamment grâce à la publication d'une circulaire en 2013. Nous reviendrons ci-dessous sur cette circulaire qui précise les enjeux de l'EVRAS et met un certain nombre d'informations à disposition des écoles pour qu'elles développent un projet EVRAS propre. Mais les textes légaux et ladite circulaire (laquelle, par nature, n'est pas contraignante) sont peu prescriptifs et les différences en termes d'investissement et de perspectives demeurent importantes d'un établissement à l'autre. Si certains se satisfont de cette situation, arguant qu'il faut laisser les écoles libres de juger des besoins et des moyens à mettre en œuvre, d'autres pensent qu'il faut obliger les écoles à aborder un certain nombre de thématiques et les forcer à choisir les intervenants externes qu'elle voudrait inviter dans un listing prédéterminé (quitte à restreindre le champ de l'EVRAS ou à limiter la marge de manœuvre des établissements scolaires dans leurs choix de projet d'établissement, de projets éducatif et pédagogique).

L'UFAPEC produit cette étude à la suite d'un travail mené depuis février 2017. Des parents, issus du conseil général de l'UFAPEC (assemblée générale), des instances régionales et même directement des associations de parents, se sont réunis à plusieurs reprises pour entendre et échanger avec des experts, des intervenants en EVRAS dans les écoles, des représentants du Secrétariat Général de l'Enseignement Catholique (SeGEC), de la CSC-Enseignement (CSC-E), du Comité des Elèves Francophones (CEF), des fédérations de directeurs de l'enseignement libre… Afin de se forger sa propre opinion, le lecteur pourra découvrir dans la présente étude un certain nombre d'avis et de réactions de la part de ces différents acteurs durant les travaux de l'UFAPEC. Ceux-ci sont cités sur base de l'enregistrement de leurs interventions. Le lecteur prendra aussi connaissance du positionnement de l'UFAPEC en ce qui concerne l'EVRAS en fin d'étude, positionnement arrêté par l'assemblée générale à l'issue des différentes interventions et débats.

Télécharger l'étude complète (41 p.) ci-contre

 

Michaël Lontie

 

[2] Comme préconisé dans l’Avis n°3 du Groupe Central (Pacte pour un enseignement d’excellence).

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