Analyse UFAPEC 2011 par Anne Floor

18.11/ La violence à l'école : mise au point

Introduction

Les médias relaient des faits de violence extrême qui pourraient nous faire penser que la violence dans les écoles est en constante augmentation. Qu’en est-il dans la réalité ?

Benoît Galand[1] qui a dressé une synthèse de ce qui a été observé dans toutes les études sur la violence scolaire dans notre pays et à l’étranger constate que les dynamiques fondamentales, les formes de violence ne changent pas selon le type d’établissement scolaire ou le type d’enseignement. La violence scolaire est identique partout, c’est juste son intensité qui va varier.

Formes de violence dans les écoles

La violence prend différentes formes dans nos écoles :

  • La forme la plus répandue concerne l’indiscipline, le non-respect des règles scolaires (absentéisme, passivité, bavardages, contestation de décisions, habillement …).
  • Viennent en deuxième position le harcèlement, les brimades… Ce sont des actions négatives dirigées intentionnellement et de manière répétée vers une personne perçue comme moins à même de se défendre (bouc émissaire). Par actions négatives, on entend des remarques, des commentaires déplacés, des bousculades. L’impact psychologique pour la personne harcelée est énorme.
  • Suivent ensuite les vols et dégradations de matériels.
  • Et en quatrième position et pour un très faible pourcentage, les agressions aiguës (coups et blessures, menaces avec armes, vols avec violence, viols,…).

L’Antenne Scolaire d’Anderlecht[2] a été appelée par la direction d’une école secondaire pour des faits de racket auprès des plus jeunes aux alentours de l’école. Parallèlement à d’autres démarches, les enseignants des cours philosophiques ont questionné les élèves de première année sur les violences rencontrées au sein et aux alentours de l’école. Le racket a été cité, mais au milieu d’une série d’autres faits beaucoup plus quotidiens. Les intervenants de l’AS ont alors proposé d’élargir leur intervention à tous les actes qu’on se donne le droit d’avoir, dont on est témoin ou victime et qui font souffrir. C’est-à-dire : En haut du pavé, les insultes et les injures qui écorchent l’image de soi, l’identité sexuelle, familiale et culturelle. Des comportements harcelants aussi, touchant l’intégrité sexuelle, physique ou morale. Le racket est cité, mais est plus isolé que l’abus de pouvoir, la toute-puissance des plus grands, les phénomènes de bouc émissaire, le chahut organisé, l’humiliation et l’étiquetage réducteurs dont font preuve certains professeurs. La non-intervention de l’adulte est ressentie de façon violente par les élèves. La violence physique est évoquée, mais se perd dans l’ensemble de la violence ressentie[3].

Conséquences de ces violences scolaires

Les incidents disciplinaires répétés perturbent l’enseignement et réduisent les opportunités d’apprentissage des élèves. En effet, pour apprendre il faut être disponible et se sentir en sécurité. Apprendre nécessite une prise de risques, puisqu’il s’agit de lâcher des croyances et des représentations et d’être confronté à d’autres représentations. Les violences scolaires réduisent aussi la satisfaction et la motivation professionnelle des enseignants. Les victimes de harcèlement se trouvent dans des situations de détresse psychologique : dépression, anxiété, sentiment de solitude… Les auteurs de brimades ont souvent un vécu scolaire négatif qui risque d’évoluer vers d’autres conduites à risques (parfois jusqu’à la délinquance). Un jeune qui commet des actes de violence de manière répétitive, dans la durée et ce dans plusieurs de ses milieux de vie est à prendre très au sérieux et devrait bénéficier très rapidement d’une prise en charge.

La violence scolaire augmente-t-elle effectivement ou est-ce notre vision du phénomène qui a évolué ?

Depuis l’apparition de l’écriture, nuance Benoît Galand, nous avons relevé des témoignages négatifs des adultes par rapport aux générations futures ; les jeunes sont malfaisants, paresseux… Un discours de plaintes et de récriminations sur les générations futures existe depuis la nuit des temps. En Belgique, il n’existe en tout cas pas de données scientifiques concluantes pour parler d’une augmentation. Benoît Galand parle plutôt de variations locales à la hausse ou à la baisse. On observe plutôt une sorte de stabilité. Par contre le discours à propos de l’augmentation de la violence a toujours existé à travers l’histoire.

Causes de la violence à l’école

Roland Coenen qui a encadré pendant trente ans des adolescents à risques voit trois raisons sociétales à la violence scolaire. Il y a tout d’abord une vraie crise de la discipline et de l’autorité, la génération post 68 a vivement contesté toute forme de paternalisme à l’ancienne et valorisé l’épanouissement des personnalités (l’enseignement rénové et les mathématiques modernes en sont le résultat). Malheureusement cet idéalisme est de plus en plus difficile à mettre en œuvre en ces temps de récession économique. Il y a d’autre part l’arrivée massive d’enfants de l’émigration économique. Ce type d’émigration déporte en premier lieu les classes les plus pauvres et les moins lettrées, à l’inverse des émigrations de type politique qui déportent plutôt les intellectuels. Les classes se retrouvent alors composées d’une majorité d’élèves dont les parents ne connaissent ni le système scolaire ni le journal de classe pas plus que les façons d’accompagner leurs enfants dans leur scolarité à la maison. Il faut en général compter trois générations pour intégrer une population allochtone à la culture scolaire dominante ; cela veut dire qu’il n’y a aucune solution rapide à l’intégration scolaire, et qu’il n’y a que des adaptations plus ou moins bonnes, en attendant que l’avenir produise des lettrés capables d’encadrer la scolarité de leurs enfants.[4] Et pour finir, il dénonce le manque de moyens dévolus à l’enseignement. En effet, face à tous ces nouveaux défis, un enseignant ne peut plus valablement encadrer 30 élèves. La méthode « 30,1,1 » ( 30 élèves, 1 enseignant et 1 tableau noir) reposant uniquement sur les deux axes traditionnels que sont précisément la discipline et la collaboration des parents ne peut tenir dans les environnements complexes.[5]

Selon Benoît Galand, il existe toute une série de facteurs de risques qui peuvent influer positivement ou négativement sur les comportements des enfants (facteurs liés à la personnalité de l’enfant, facteurs familiaux, facteurs culturels, contexte scolaire …). Cependant toutes les études concordent pour dire que la manière dont l’enfant perçoit l’école sera cruciale et aura très certainement un impact sur son comportement. Les études passées en revue convergent pour soutenir l’existence d’un effet-classe ou d’un effet-établissement concernant les problèmes de comportement. L’exposition à la violence à l’école, les contacts avec des pairs délinquants, la perception du climat scolaire, l’attitude vis-à-vis de l’école, le rendement scolaire et la persévérance d’un élève varient suivant l’école ou la classe qu’il fréquente, même quand on tient compte de ses caractéristiques personnelles (…). L’effet-classe apparaît nettement plus fort que l’effet-établissement.[6]

Ces résultats s’observent aussi bien dans les écoles primaires que secondaires ainsi que dans plusieurs pays. Il existe par ailleurs une corrélation entre le niveau de violence à l’école et le degré d’inégalité des résultats scolaires entre les élèves. Le niveau de violence scolaire n’est donc pas lié au niveau global de criminalité d’un pays comme on pourrait le penser, mais bien à l’ambiance générale de la classe, de l’école. Tout en relativisant les résultats des recherches[7], Benoît Galand observe tout de même l’effet protecteur de la cohésion des équipes éducatives, d’un leadership clair de la part de la direction, d’attentes élevées à l’égard des élèves, de règles explicites et appliquées de manière consistante et équitable, de pratiques qui minimisent la comparaison et la différenciation entre élèves, de l’engagement professionnel des enseignants et/ou de relations positives entre enseignants et élèves[8].

L’Antenne scolaire d’Anderlecht est intervenue pour améliorer le bien-être d’une classe parasitée par des conflits qui éclataient à tout bout de champ, tant verbalement que physiquement. Le CPMS a pris en charge de manière individuelle certains élèves et l’AS a travaillé au sein de la classe elle-même en demandant à l’enseignante de replacer l’évolution de sa classe dans un contexte historique. Et il est apparu assez vite que l’institutrice précédente avait été discréditée par la direction qui avait souligné son incapacité à tenir sa classe, à se faire respecter, voire son incapacité professionnelle et ce devant les élèves.[9]

Il a également été observé dans plusieurs études que le fait de banaliser la violence, de n’avoir pas de normes très claires par rapport aux comportements agressifs rend les élèves encore plus violents. Les résultats indiquent que les élèves sont plus agressifs dans les classes ayant des normes favorables à l’agression (plutôt qu’un niveau moyen d’agression élevé), et que l’agression diminue dans les classes où existent des normes saillantes contre l’agression (sanctions des pairs et de l’enseignant)[10]. Dans une étude portant sur les classes du secondaire, les élèves recourent moins à l’agression, à la colère, et aux conflits inter-groupes dans les classes où les enseignants font preuve de davantage de disponibilité, d’équité et de soutien. Les résultats indiquent aussi que la victimisation des élèves est plus élevée dans les classes où les pratiques d’enseignement mettent l’accent sur la comparaison et la sélection entre élèves.[11]

Il ressort de ces différentes études qu’une gestion de la discipline où les règles sont claires et les comportements négatifs sanctionnés, dans laquelle les comportements prosociaux sont soulignés positivement permet de réduire les comportements violents. De même, l’utilisation de méthodes d’enseignement qui minimisent les comparaisons entre élèves pour privilégier la coopération, la solidarité et la réussite de tous contribue à construire un climat communautaire qui contribuera à un mieux-vivre ensemble. On pourrait dire en conclusion que le climat d’un établissement est fait d’un ensemble de petites choses qui font la différence. Il n’y a pas un facteur individuel que l’on pourrait pointer comme étant à coup sûr le levier à manipuler pour augmenter ou baisser le taux de violence. Se centrer sur la construction d’un environnement scolaire sûr et chaleureux, qui facilite l’apprentissage et aide les élèves à faire face de manière générale aux multiples événements qui se produisent dans leurs vies est la marche à suivre.

Concrètement, que faire face à la violence à l’école ?

1. A l’école

Benoît Galand propose trois axes d’intervention qui sont pour nous indispensables à développer :

  • Le premier porte sur la régulation des activités d’apprentissage en travaillant sur les contenus et les modalités d’enseignement afin de prévenir la violence. En mettant par exemple en place des activités qui mobilisent l’énergie de tous les élèves, en privilégiant une pédagogie participative, qui ne met pas dos à dos les élèves…
  • Le second axe vise à une meilleure gestion de la discipline : bien expliciter les attentes, ne pas avoir trop de règles, les formuler positivement, mettre en avant les comportements positifs, souci d’équité, cohérence et concertation au sein  de l’équipe éducative, meilleure surveillance et supervision des espaces publics…L’objectif étant de favoriser l’adhésion de tous aux normes de l’école.
  • Le troisième axe consiste à développer les compétences sociales et émotionnelles des élèves : connaissance de soi, affirmation de soi, régulation émotionnelle, empathie,…L’objectif étant de développer chez les élèves des alternatives sociales plus acceptables que le recours à la violence. Cela mérite d’accorder une place dans le cursus scolaire à une approche théorique et pratique. Ces compétences sociales devraient s’intégrer dans le quotidien de la vie scolaire en créant des espaces de paroles, en sollicitant la participation aux décisions, en rendant les élèves responsables aussi de leur bien-être à l’école…

2. Et en tant que parents, que pouvons-nous faire ?

  • Etre attentif aux signaux de son enfant : changements d’humeur, comportements inhabituels…
  • Les comportements d’un enfant peuvent être très différents qu’il soit à l’école ou à la maison. Mon enfant peut par conséquent être impliqué dans du harcèlement.
  • La priorité si l’enfant est harcelé est de le protéger.
  • A qui s’adresser ? Enseignants et directions, Centres PMS, médiateurs, AMO, SDJ, Fédération des Associations de Parents, Police,…

L’investissement parental dans les écoles via les Associations de Parents, les Conseils de Participation, les Pouvoirs Organisateurs (pour l’enseignement libre)…a très certainement un effet sur la motivation scolaire des enfants mais aussi sur l’ambiance générale de l’école. Les écoles ont la possibilité d’intégrer dans leur projet d’établissement des organes de participation qui permettent d’offrir des espaces d’expression pour améliorer ainsi la communication :

  •  Les réunions régulières de l’association de parents, qui a un rôle de relais, discussion, d’information, de convivialité et de soutien au projet pédagogique ;
  •  Les réunions constructives entre l’enseignant, l’élève et les parents (remise des bulletins et rencontres informelles) ;
  • Un conseil de classe (ou de tous), comprenant les élèves de la classe et leur titulaire, où peuvent se discuter le vécu du groupe, les évaluations, etc. Un conflit pris en compte, plutôt qu’étouffé, sera garant de la bonne ambiance de travail au sein de la classe.

Il est aussi important d’octroyer aux titulaires des classes en secondaire des heures de titulariat, ils prennent trop souvent sur leurs heures de cours au détriment soit de la matière soit de la vie en communauté ;

  • Les délégués de classe parents et élèves ;
  • Le conseil de participation, qui réunit des représentants élus des différentes composantes de l’école : élèves, parents, éducateurs, direction, pouvoir organisateur ; on peut y discuter des éventuels problèmes de discipline, mais aussi de projets d’école ;
  • Les réunions de concertation entre enseignants et direction, car quand on leur offre un cadre de travail collectif pour  partager leurs peurs, leurs difficultés, leurs ras-le-bol et chercher ensemble des solutions, les profs retrouvent souvent motivation et enthousiasme ;
  • Toute occasion non-programmée de créer une véritable communauté éducative entre tous les partenaires, même en dehors de cadre scolaire (souper, voyage, expo, spectacle) ;
  • Le parrainage des élèves entre eux favorise aussi l’intériorisation des règles : l’élève en devenant parrain fait siennes les règles de vie en communauté pour pouvoir les transmettre à son filleul et, ce faisant, appréhende mieux l’esprit de la loi en ce qu’elle provient d’un intérêt général. L’efficience d’une loi est plus grande quand on montre qu’un interdit provient d’un intérêt général, supra-individuel plutôt que lorsqu’on cherche à imposer « de force » une interdiction vécue comme le fruit d’une décision personnelle, propre à l’enseignant.  L’enfant à l’école apprend à cohabiter avec d’autres enfants sous l’autorité d’une même règle : il s’entraîne ainsi à ses futures fonctions de citoyen, en s’habituant au respect d’une loi et à des formes d’obéissance qui peuvent varier en fonction des modalités d’imposition de l’ordre scolaire ;

Conclusion : et si on travaillait plutôt en synergie ?

La prévention des comportements violents ne peut être uniquement dévolue à l’école ou à la famille ; ces deux institutions ont bien évidemment un rôle à jouer mais la prévention de la violence relève véritablement d’une responsabilité collective qui concerne les écoles, les familles, les intervenants spécialisés, le système judiciaire et les politiques sociales et économiques. L’UFAPEC estime qu’un enjeu majeur est de développer des synergies d’actions entre tous ces intervenants.

  • aider les écoles à identifier leurs forces et leurs faiblesses ;
  • renforcer leur collaboration avec des intervenants extérieurs spécialisés ;
  • libérer des sources de financement pour former élèves et enseignants à développer leurs compétences sociales et relationnelles[12] ;
  • investir dans des locaux adaptés, accueillants et chaleureux ;
  • motiver les parents à s’investir dans un projet de mieux-vivre ensemble tant à l’école que dans la famille ;
  • interpeller les pouvoirs politiques pour que de réelles priorités soient accordées pour nos enfants et nos jeunes…

POUR QUE LA VIOLENCE NE DEVIENNE PAS UN ELEMENT DE PLUS DANS LE DECOR DE NOS ENFANTS.

 

Anne Floor

 


[1]Benoît Galand[1] est chercheur à l’Unité de Psychologie et du Développement de l’UCL, il s’est spécialisé entre autres sur la problématique de la violence en milieu scolaire. Il organise des conférences et des formations sur demande pour des écoles secondaires, des groupes d’enseignants, de directeurs ou de travailleurs sociaux.

[2]L’Antenne Scolaire d’Anderlecht est une équipe d’assistants sociaux et de psychologues extérieure à l’école, à la disposition des familles et des écoles anderlechtoises pour tout ce qui peut faciliter l’accrochage scolaire.

[3]C. Crabbé, La violence à l’école : par quelles voies l’entreprendre ? in Eduquer Dossier, n°58, mars 2007, p.12. http://www.ligue-enseignement.be/ligue-enseignement/db/aig/gallery/Documents_et_dossiers/Eduquer_-_dossiers/Eduquer_n%C2%B058/Dossier_complet/violenceecole.pdf

[4]R. Coenen, La violence à l’école… en passe de faire culture, in Eduquer Dossier, n°58, mars 2007, p.3. http://www.ligue-enseignement.be/ligue-enseignement/db/aig/gallery/Documents_et_dossiers/Eduquer_-_dossiers/Eduquer_n%C2%B058/Dossier_complet/violenceecole.pdf

[5]R. Coenen, op.cit., p.3.

[6]Baerveldt, C, Schools and the prevention of petty crimes : Search for a missing link, Journal of Quantitative Criminology, 8, 79-94.

Van den Oord et Rispens 1999., Differences between school classes in preschoolers’psychosocial adjustment : Evidence for the importance of children’s interpersonal relations. Journal of Child Psychology and Psychiatry and Allied disciplines, 40, 417-430.

[7]Relativiser car un facteur mis en avant dans une recherche peut s’avérer insignifiant dans une autre et aucune étude ne prend en considération l’ensemble des facteurs cités.

[8]B. Galand, op.cit., p.16.

[9]C. Crabbé, La violence à l’école : par quelles voies l’entreprendre ? in Eduquer Dossier, n°58, mars 2007, p.12. http://www.ligue-enseignement.be/ligue-enseignement/db/aig/gallery/Documents_et_dossiers/Eduquer_-_dossiers/Eduquer_n%C2%B058/Dossier_complet/violenceecole.pdf

[10]Henry, D., Guerra, N.G., Huesmann, L.R., Tolan, P., Van Acker, R et Eron, L.D. (2000), Normative influences on aggression in urban elementary school classrooms, American Journal of Community Psychology, 28, 59-81.

[11]Galand. B., Philippot, P., Petit, S., Born, M. et Buidin, G., Regards croisés sur les phénomènes de violence en milieu scolaire : Elèves et équipes éducatives, Revue des Sciences de l’Education, 30, 465-486.

[12]Nous avions déjà fait des propositions dans ce sens dans d’autresanalyses UFAPEC sur la médiation, la musique à l’école, la socialisation par la famille, l’importance des apprentissages fondamentaux,…

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