Etude UFAPEC décembre 2021 par A. Pierard et D. Houssonloge

20.21/Et3 L’école face aux comportements radicaux de parents

Introduction

A l’heure où nous écrivons ces lignes, nous arrivons tout doucement à la fin de l’année 2021. Au cours de celle-ci, les élèves et les parents ont pu retourner avec bonheur à l’école (pour une grande majorité) après des mois difficiles de confinement, quarantaines, enseignement à distance… La crise sanitaire n’est pas encore derrière nous, mais elle nous aura fait prendre conscience du caractère essentiel des relations humaines et du vivre ensemble pour tout groupe humain (et en particulier à l’école pour le cas qui nous occupe). La qualité de ces relations humaines au sein de l’école, de la classe, de l’équipe éducative, des parents, de l’association de parents, du pouvoir organisateur, du conseil de participation et entre les différents acteurs est déterminante pour un bon climat scolaire. Ce climat scolaire va influencer positivement ou négativement la motivation du jeune, facteur clé dans l’accrochage et la réussite.[1]

Une des conditions d’un bon climat scolaire est la collaboration école-familles. Pour être serein et investi dans son rôle d’élève, le jeune, de la maternelle à la fin du secondaire, a besoin de sentir un partenariat ou du moins un « pacte de non-agression » entre l’école et sa famille. Cette relation école-familles est à ce point importante qu’elle a été identifiée comme l’une des thématiques sur lesquelles les écoles peuvent travailler dans leur plan de pilotage destiné à améliorer l’efficacité de l’établissement. Dans ce sens, nous consacrerons un chapitre à la place des parents à l’école ; nous en présenterons l’évolution et le cadre légal actuel.

Toutefois, la relation école-familles est complexe et, parfois, en tension pour diverses raisons. Parmi les causes de crispation, il y a des comportements radicaux de parents. Ces comportements, s’ils restent le fait d’une minorité, peuvent néanmoins générer des tensions, mettre à mal le bon fonctionnement de l’école et les conditions de vivre ensemble. Ils mobilisent de l’énergie pour l’équipe éducative au détriment d’autres missions essentielles et fragilisent la collaboration école-familles.

Dans cette étude, nous entendons par comportements radicaux de parents divers comportements qui peuvent être considérés comme extrêmes et inappropriés au cadre scolaire et où l’intérêt individuel prime sur l’intérêt collectif. Que ce soit au niveau pédagogique, social, alimentaire, sanitaire, politique, philosophique ou religieux, des parents peuvent défendre des positions excessives et agir de façon radicale. Dans cette étude toujours, nous parlerons tout aussi bien de positionnements, positions, attitudes que de comportements. Il va sans dire que les enseignants peuvent aussi avoir des positionnements radicaux, mais cela ne fera pas l’objet de cette publication.

Cette étude se base, pour une part, sur des interpellations de parents adressées au quotidien à l’UFAPEC en tant qu’organisation représentative des parents et des associations de parents de l’enseignement catholique. Ces interpellations remettent en question le fonctionnement de l’école, voire du système scolaire. Elles sont faites directement par les familles, ou par l’intermédiaire de l’association de parents qui nous les renvoie.

Informer, expliquer le cadre légal, la réalité des écoles, écouter et dialoguer permet souvent d’aplanir les tensions. Mais d’autres interpellations ont pour but de s’appuyer ou d’utiliser l’AP (association de parents) ou l’UFAPEC pour faire entendre un point de vue, radical et fermé, auquel l’école devrait s’adapter.

Notre étude repose, pour une autre part, sur une enquête réalisée auprès des écoles de l’enseignement catholique. Cette enquête a permis de mieux cerner la question, l’ampleur du phénomène, les cas concrets auxquels les directions sont confrontées ainsi que les freins et les leviers existants.

En parallèle, nous avons rencontré des acteurs de terrain : des directions, mais aussi des parents et des membres d’associations de parents. Ils nous ont partagé leur vécu, donné leur point de vue et expliqué ce qu’ils essaient de mettre en place dans leur école pour minimiser l’impact négatif des comportements radicaux de parents sur la vie de l’école.

Nous avons enfin rencontré des spécialistes de la relation école-familles et des acteurs institutionnels de l’enseignement qui ont eux aussi apporté leur expertise et leur éclairage.

Bien entendu, les choses sont rarement noires ou blanches. Il est parfois malaisé de savoir s’il s’agit d’attitudes radicales de parents ou de l’école. En d’autres termes : est-ce aux parents ou à l’école de s’adapter ? L’objectif de l’étude n’est pas de savoir qui a tort ou raison, mais, dans une démarche d’éducation permanente, d’entendre les différents points de vue, d’informer, d’interpeller et enfin de permettre à chacun de s’emparer de la question pour mieux comprendre le problème et l’enrayer. Dans ce sens, nous analyserons aussi ce qui amplifie ou, au contraire, ce qui réduit les tensions dues à des attitudes radicales de parents. L’objectif reste, rappelons-le, de tendre vers un meilleur climat scolaire dans l’intérêt supérieur de l’élève et de celles et ceux qui accompagnent son parcours.

(Téléchargez l'étude complète -119p.- ci contre)

 

 

D. Houssonloge et A. Pierard

 


[1] HOUSSONLOGE D. et PIERARD A., L’école en temps de Covid : un laboratoire de la motivation, analyse UFAPEC n°14.20, décembre 2020.

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